Né le 9 août 1927 au Mêle-sur-Sarthe (Orne), Jacques Boisgallais a fait ses études secondaires à l'Institution Saint-Paul de Mamers (Sarthe).

Prix d'harmonie, de contrepoint, de fugue et de composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, titulaire de plusieurs grands prix de composition, il a accompli une carrière de musicien-metteur en ondes à la Radiodiffusion française jusqu'en 1987. Il est l'auteur d'une cinquantaine d'œuvres pour grand orchestre, ensemble instrumental et musique de chambre.

Son langage est libre. S'il a refusé la tonalité sous son aspect harmonique, avec sa hiérarchie et la dictature de la dominante, il n'en écarte pas l'aspect mélodique qu'il associe à l'usage des modes (que le chant grégorien lui a fait connaître) et à celui de l'atonalité où chaque son a une valeur équivalente. Les chocs d'intervalles lui offrent leur pouvoir expressif (d'où son intérêt pour les quartes augmentées, les neuvièmes mineures...). Par ailleurs, son attirance pour le contrepoint le porte à développer ses motifs dans une ligne expressive.

Sur le plan formel, Jacques Boisgallais préfère depuis longtemps les œuvres d'un seul tenant ; c'est pour lui la meilleure façon d'obtenir une cohérence du discours et d'atteindre une plus grande densité dans le développement thématique. Il choisit ses thèmes en fonction de leur potentiel de développement, psychologique et formel, susceptibles d'être exploités jusqu'à épuisement. Le thème principal s'entoure de motifs secondaires assez proches qui vont se fondre avec lui ou au contraire provoquer une réaction violente de sa part, ce qui engendre des contrastes et des variations dynamiques. Les tempi, rarement statiques, amènent des accelerandi et des ritenuti fréquents. Le thème évolue jusqu'à sa fin, qui peut être « un évanouissement dans le silence ou une projection violente contre le mur du silence » (Boisgallais).

Dans une première période (jusqu'en 1970), le compositeur s'est reconnu dans la tradition de la musique française (Chabrier, Satie, Roussel, le Groupe des Six) avec l'influence de Stravinsky et de Bartók. Plus tard, par l'intermédiaire du musicien hongrois, des liens se sont noués avec les grandes architectures romantiques de Brahms, Bruckner, Malher, jusqu'à Strauss et Chostakovitch. Sa seconde période est donc celle d'un lyrisme expressif, loin de l'objectivisme de Stravinsky qui l'avait influencé jadis.

C'est donc dans un souci de cohérence que Jacques Boisgallais a réalisé de nombreuses révisions d'œuvres écrites tout au long de sa carrière, pour accentuer le caractère lyrique de celles qui manquaient de subjectivité. Ainsi se réalise l'unité entre les œuvres de la première période et celles d'aujourd'hui.

Gérard Saint-Guirons

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